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Catégorie : Aider la science

Don d’organes

Mis à jour : 21/04/2021 - Temps de lecture : 6 minutes

Last Wish

Etre donneur d’organes et de tissus post mortem

La grande majorité des greffes d’organes et de tissus sont réalisées à partir de prélèvements effectués sur des personnes décédées. Cela représente 92% des dons.

Paradoxalement, le prélèvement d’organes post mortem ne concerne qu’un faible pourcentage des décès. En effet, moins de 1% des personnes qui décèdent à l’hôpital peuvent être prélevées, car les organes doivent être en bon état fonctionnel. De plus, lorsqu’un prélèvement est envisageable, il est refusé dans presque 30% des cas.

Le prélèvement d’organes ou de tissus post mortem peut s’effectuer en France uniquement sur une personne :

Principes du don d'organes et de tissus

Gratuit

Un individu peut faire acte de générosité en faisant don de son corps, organe ou tissu mais il ne peut y avoir de contrepartie financière, en effet la commercialisation du corps est interdite. Ainsi, les frais inhérents aux prélèvements sont pris en charge par l'établissement de santé.

Anonyme

Le nom du donneur ne peut être communiqué au receveur, ni celui du receveur à la famille du donneur. Excepté pour les dons entre vivants, qui ne peuvent avoir lieu qu’entre proches. Les proches du donneur peuvent cependant être informées s’ils le demandent de quels organes et tissus ont été prélevés, ainsi que du résultat des greffes.

Consentement présumé

Depuis 1976, la loi Caillavet, pose le principe du consentement présumé en stipulant que « Des prélèvements peuvent être effectués à des fins thérapeutiques ou scientifiques sur le cadavre d’une personne n’ayant pas fait connaître de son vivant son refus d’un tel prélèvement. ».  Ainsi, chacun est un donneur potentiel, c'est-à-dire donneurs d'organes et de tissus sauf s’il a exprimé son refus de son vivant.

Ce principe a été réaffirmé par les lois de bioéthique de 1994, 2004 et 2011. La loi du 26 janvier 2016 de modernisation du système de santé a renforcé ce principe du consentement présumé.

Toutefois il y a exception, en cas de décès d’un mineur ou d’un majeur sous tutelle, le principe du consentement présumé ne s'applique pas. La loi indique qu’il faudra un consentement écrit du tuteur légal pour autoriser le prélèvement d'organes et de tissus.

Greffes d’organes

En France pour 2019 : Estimation d’au moins 5 897 greffes (tous organes confondus), dons du vivant et de donneurs en état de mort encéphalique.

Par source de greffons :

  • 525 greffes à partir de donneurs vivants
  • 459 greffes grâce à un don de type « Maastricht III » depuis 2005 la loi Leonetti  autorise le prélèvement sur personnes décédées des suites d’un arrêt cardiaque après une limitation ou un arrêt des thérapeutiques
  • 1 729 donneurs en état de mort encéphalique

Organes le plus souvent greffé :

  • Reins
  • Foie
  • Coeur
  • Poumons
  • Pancréas

En France, près de 24 000 malades sont en attente d’une transplantation d’organe. Entre 500 et 800 patients meurent chaque année faute d’avoir pu bénéficier d’une greffe.

Voir les sources

Greffes de tissus

Moins connu que la greffe d’organe auprès du grand public, la greffe de tissu correspond à une part importante des prélèvements.

Le but de ces greffes pour le receveur est de gagner en qualité de vie et de récupérer certaines facultés.

La cornée (fine membrane à la surface de l’oeil), représente la majorité des greffes de tissus avec 5 032 personnes greffées en 2019. Si les cornées sont prélevées, elles sont remplacées par des lentilles transparentes.

Les autres tissus pouvant être prélevés sont la peau qui permet notamment de soigner les grands brûlés (233 personnes ont ainsi reçu une greffe d'épiderme en 2019), les os, les vaisseaux, tendons, les valves cardiaques.

Aucune trace de l’intervention n’est apparente sur la dépouille. Aucun frais n’est demandé à la famille du défunt.

Les tissus peuvent être prélevés sur un donneur décédé ou recueillis sous forme de résidus opératoires. Par exemple, la tête fémorale lors de la mise en place d'une prothèse de hanche ou encore le placenta lors de l’accouchement).

En pratique

Il est primordial de faire connaître ses souhaits à ses proches de son vivant. Attention votre choix concernant le don d’organe ne doit pas être indiqué dans votre testament, qui ne sera consulté qu’après vos obsèques, mais dans le document qui présente vos dernières volontés.

En cas de décès, l’équipe médicale interrogera obligatoirement le registre national des refus. Si le défunt n’y figure pas, elle s’entretiendra avec un de ses proches pour savoir s’il avait exprimé son refus de son vivant. Même si le défunt porte sur lui une carte de donneur, l’échange entre l’équipe médicale et les proches aura lieu. La carte de donneur n’a pas de valeur légale, mais elle donne une bonne indication de sa volonté aux proches.

En France, il n’y a pas de limite d’âge pour donner ses organes et tissus, ni pour en recevoir. Les donneurs ne sont pas forcément des personnes n’ayant eu aucun problème de santé, c’est pourquoi des personnes atteintes d’une maladie grave peuvent aussi parfois être donneurs. Seul l’état des organes qui serviront de greffons est pris en compte. Toutefois, il sera vérifié les antécédents médicaux de la personne décédée et des tests de dépistage des maladies transmissibles comme les hépatites seront effectuées.

Procédure pour exprimer son refus

En cas d’opposition, il faut faire connaitre son refus de prélèvement.

En cas d’acception

Si le décès permet le prélèvement, le corps sera maintenu artificiellement en réanimation. Après investigation médicale (prise de sang, imagerie des organes…), les chirurgiens réaliseront le prélèvement des greffons, tout en s'assurant de l'intégrité du corps. Le défunt sera ensuite habillé avec ses effets personnels et restitué à la famille.